Des scientifiques découvrent l’origine du « foza orana »

Credit: Ranja Andriantsoa

Le terme « foza orana » est utilisé par certains partisans de Marc Ravalomanana pour surnommer leurs adversaires politiques, c’est le titre d’une chanson très populaire de l’artiste Ramora Favori et dans l’argo malgache, il peut désigner une fille peu fréquentable, un téléphone de contrefaçon ou low cost.

Mais avant tout, « foza orana » est le nom d’une écrevisse mutante qui, au même titre que les radakaboka (des crapauds venimeux qui envahissent Madagascar), pose un réel problème pour l’environnement de la Grande Île et même pour l’économie quand elle envahit les greniers à riz comme l’Alaotra.

Mais il faut savoir qu’il ne s’agit pas d’une espèce endémique de Madagascar. Selon certains articles, le « foza orana » n’est arrivé dans la Grande Île que dans les années 2000.

Et une étude relate aujourd’hui l’origine de cette espèce appelée écrevisse marbrée, qui n’existe que depuis 25 ans. Et seon Ars Technica, dans un article sur cette étude, l’espèce provient d’un magasin d’animaux de compagnie allemand. « Le magasin vendait une espèce (Procambarus fallax) originaire des cours d’eau de Géorgie et de Floride, lorsqu’une écrevisse d’aspect différent apparaissait au milieu d’eux. Nommé « marmorkrebs », ou l’écrevisse marbrée, il avait une caractéristique qui le rendait particulièrement attrayant pour le commerce des animaux de compagnie : il était parthénogénique, ce qui signifie que c’était une espèce exclusivement féminine qui produit des œufs viables. Mettez un dans un réservoir et il finirait par se remplir de progéniture qui pourraient tous être vendus comme animaux de compagnie », lit-on.

Cette espèce mutante a cependant fini dans la nature et par traverser les frontières. Actuellement on en trouve en Europe (où elle est désormais bannie), en Amérique, au Japon et même à Madagascar.

Dans un article à ce sujet, Nature.com raconte que c’est Julia Jones, scientifique en conservation à l’Université de Bangor, Royaume-Uni, qui a identifié pour la première fois des écrevisses marbrées à Madagascar en 2007.

Et bien qu’elle représente un danger, les foza orana sont aussi une source de nourriture low-cost. De ce fait, il est difficile de dire aux gens d’arrêter de vendre, cultiver cette espèce.