Reporters Sans Frontières tacle l’Etat Malgache !

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Manifestation après la fusillade de Charlie Hebdo en 2015. Après cette fusillade, l’Etat malgache avait exprimé « la condamnation la plus formelle d’un acte de violence qui a pris pour cible des journalistes attachés à la liberté d’expression ». Photo By Pierre-Selim (Manifestation Charlie Hebdo) [CC BY-SA 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons
Manifestation à Toulouse après la fusillade de Charlie Hebdo en 2015. L’Etat malgache, de son côté, avait exprimé « la condamnation la plus formelle d’un acte de violence qui a pris pour cible des journalistes attachés à la liberté d’expression ». Photo By Pierre-Selim (Manifestation Charlie Hebdo) [CC BY-SA 2.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)], via Wikimedia Commons
Hier, nous rapportions une manifestation organisée par des journalistes et des citoyens malgaches pour protester contre un projet de loi (le fameux code de la communication) en passe d’être adopté au parlement et qui est jugée liberticide. D’autre part, ce projet devait abroger l’article 20 d’une loi sur la cybercriminalité, votée en 2014 qui avait vocation à museler les internautes sur les réseaux sociaux qui critiquent les dirigeants. Pourtant, il n’en fut rien.

Il y a quelques jours, Reporters Sans Frontières, l’ONG internationale qui défend la liberté de presse, s’est exprimé sur ce sujet. Et dans son communiqué, il ne cache pas son opposition au projet de loi.

« Certains articles de cette loi sont une atteinte fondamentale à la liberté de l’information, déclare Reporters sans frontières. Le journaliste n’a pas pour fonction d’être un gardien de la paix sociale mais de donner l’information, même si celle-ci dérange. La disproportion des peines envoie un message tout à fait menaçant aux journalistes qui risquent de tomber dans l’autocensure. D’autant plus que les processus de qualification des faits restent flous. Il est important que la loi ne soit pas votée en l’état et que les recommandations des journalistes soient entendus par leurs élus ».

Et en ce qui concerne la fameuse loi sur la cybercriminalité, que RSF avait déjà critiqué en 2014, en la qualifiant de criminalisation des « délits d’expression sur internet », l’ONG écrit ceci :

« La profession [du journalisme] reste très défiante envers le gouvernement, qui n’a pas tenu sa promesse de faire amender la très controversée loi sur la cybercriminalité, dénoncée par RSF. En août 2014 le gouvernement avait promis que cette loi serait amendée en même temps que le Code de la communication. L’article 20 de cette loi est particulièrement violent puisqu’il prévoit que « l’injure ou la diffamation commise envers » les représentants de l’Etat par le biais de supports écrits ou électroniques sera punie de deux à cinq ans d’emprisonnement et/ou d’une amende de 2.000.000 (600 euros) à 100.000.000 d’ariary (30 000 euros). »

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