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Pour un citoyen malgache, voyager en France n’est pas une mince affaire. Premièrement, ce n’est pas tout le monde qui a les moyens d’acheter un billet d’avion. Et deuxièmement, obtenir un visa d’entrée relève parfois de l’exploit, étant donné toute la paperasse qui est nécessaire pour déposer une demande (alors qu’il est facile d’entrer à Madagascar pour les Européens).

Et aujourd’hui, le coup de gueule publié par la page Facebook Maki Run fait déborder le vase.

Pour ceux qui ne connaissent pas, Maki Run est une course qui est organisée à Nosy Komba. Et d’après la page de cet événement sportif, l’un des meilleurs coureurs malgaches, Randrianel Radovial dit « Enel », aurait été invité pour participer à une course à La Réunion, pour se mesurer à des compétiteurs internationaux.

Malheureusement, il est fort probable que notre compatriote ne participera pas à cette course puisque d’après une publication virale de Maki Run, son visa aurait été refusé.

« Croyez-vous que Enel, cultivateur de votre vanille, cacao, et autres épices, sur notre petite île paradisiaque, où probablement vous viendrez un jour vous prélasser, abandonnerait sa qualité de vie au profit d’une vie d’esclave à La Réunion ou en France ? », s’indigne la page.

« Je m’adresse à mes compatriotes français résident à Madagascar qui se plaignent souvent des difficultés administratives de notre pays d’accueil: relativisez car nous sommes nés du bon côté de la frontière. Sachez que si un malgache désire se rendre en chine, par exemple, c’est très facile. Alors si un jour Madagascar tourne le dos à la France pour regarder vers la Chine il ne faudra pas s’en étonner », ajoute celle-ci.

La publication a directement fait échos sur les réseaux sociaux, cumulant des centaines de partages et de réactions en l’espace de trois heures.

Dans les commentaires, des internautes expriment à leur tour leur indignation. D’autres affirment avoir déjà vécu des situations similaires.

Pour soutenir Enel, quelqu’un a même lancé une pétition sur le site AVAAZ, adressée au Consul Général de France à Madagascar. Au moment où j’écris, cette pétition a récolté une cinquantaine de signatures.