Mythes

Qui rend hommage à l’ancien président malagasy Philibert Tsiranana ? Qui rend hommage aux anciens souverains qui régnaient sur « le Rouyaume de Madagascar » avant la colonisation de la Grande Île par la France ? Personne, ou presque. Pourtant, chaque année, le Colonel Ratsimandrava, chef de l’Etat Malagasy pendant une semaine, avant son assassinat, a droit à un hommage le 11 février.

Et bien que son assassinat remonte à 1975, le Colonel reste ancré dans la mémoire collective, même de ceux qui n’étaient pas encore nés à cette époque.

En fait, Ratsimandrava, ce n’est pas que Ratsimandrava, c’est avant tout un mythe qui en temps de crise, est devenu l’icône d’un patriotisme malagasy parfois endormi. Et en analysant les publications que vous avez partagées sur les réseaux sociaux, nous nous sommes dit une chose : en fait, le Colonel Ratsimandrava est pour les patriotes malagasy ce que le Che était pour les révolutionnaires cubains, un mythe et un symbole.

A priori, le révolutionnaire communiste (qui avait sa vision très personnel du communisme, raison pour laquelle il a quitté Cuba lorsque Fidel Castro a décidé de trop se rapprocher de Moscou) n’a rien en commun avec notre Ratsimandrava national. Mais en analysant bien, on peut voir quelques similitudes.

4#1 Des idées assez proches concernant les terres et le milieu rural

Dans la biographie de Ratsimandrava que nous avons relayé le 11 février, il est expliqué que la politique que Ratsimandrava voulait appliquer à Madagascar s’axait sur trois choses :

  • Un développement national prenant comme base les initiatives de la communauté villageoise, le « fokon’olona », et trouvant leurs financements dans leurs propres transactions marchandes, gérés à travers la commission « Vatoeka » du « fokon’olona ».
  • La malgachisation de l’économie plus soucieuse d’équité et de justice, cherchant à articuler une économie de subsistance locale, rurale, informelle à l’économie de marché tirée par la ville, les sociétés commerciales assurant les échanges avec l’extérieur.
  • La décentralisation des pouvoirs.

Le Che, après la guérilla cubaine, a pendant une époque été chargé de la réforme agraire à Cuba. L’idée de cette réforme était en substance de faire justice aux petits agriculteurs en les rendant propriétaires des terres sur lesquelles ils travaillent, au lieu de confier celles-ci aux grandes exploitations.

3Des phrases cultes (et patriotiques)

Au moment où Ratsimandrava prend les pleins pouvoir, il prononce ces mots : « Tsy hiamboho adidy aho, mon général » (« Je en tournerais pas le dos à mon devoir, mon général »), s’adressant au général qui venait de lui passer les rennes du pays. Cette phrase, tous les malagasy ou presque la connaissent.

Patria o muerte

Le Che avait une phrase culte qui est restée dans la mémoire collective : « La patrie ou la mort ». C’est avec cette devise qu’en 1964, il termine son discours sur la tribune de l’ONU. C’est resté dans la mémoire.

2Morts pour leurs convictions

Ratsimandrava est mort alors qu’il venait d’accéder au poste de chef de l’Etat, une opportunité qui lui aurait permis d’appliquer son programme axé sur « un développement national prenant comme base les initiatives de la communauté villageoise », un programme qui n’a certainement pas plu à certains groupes d’intérêt et qui pourraient être derrière son assassinat.

Che MortLe Che, quant à lui, a été abattu en Bolivie (avec le soutien de la CIA), alors qu’il essayait d’exporter la révolution cubaine dans ce pays dirigé par des pro-américains « impérialistes ».

1Toujours en tenue militaire

Etant un militaire, le Colonel Ratsimandrava était toujours en uniforme. Quant au Che, en tant que révolutionnaire, il est en treillis sur la plupart de ses photos, même après la révolution.

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