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Capture sur la page Facebook « Iles Eparses de Madagascar »

Des mouvements nationalistes commencent à renaître à Madagascar. Et si la souveraineté du pays est leur credo, ils ont récemment fait de la revendication des Îles Eparses de l’Océan Indien auprès de la France leur nouveau combat. Certains Malgaches, cependant, ne parviennent pas à cerner l’importance de ces îles. « Mais quel est l’intérêt de réclamer ces quelques bouts de terre alors qu’on dispose d’un territoire de 587 000 km² qu’on n’arrive pas à contrôler ? », s’interrogeait Myriam, l’une de nos lectrices.

La vérité est que ces micro-îles rarement visibles sur les cartes ne sont pas d’une si grande importance pour Madagascar. En revanche, les mers qui les entourent le sont. Dans le jargon maritime, on les appelle des zones économiques exclusives ou ZEE. Et par définition, c’est « un espace maritime sur lequel un État côtier exerce des droits souverains en matière d’exploration et d’usage des ressources ». Celui qui contrôle les îles Éparses (pour le moment la France) contrôle ainsi les ressources naturelles qui se trouvent autour de celles-ci.

Pétrole, minerais et ressources halieutiques

Il y a quelques semaines, Madagascar Conseil International publiait une analyse intitulée « regard croisées sur les Îles Eparses, ressources et territoires contestés ». Et dans celle-ci, la revue du cabinet d’avocat évoque la Zone Economique Exclusive de ces îles. « […] une ZEE est délimitée pour son intérêt économique, peut-on lire. Celle des Îles Eparses totalise 280 000 km², soit une superficie équivalente à la moitié de la France hexagonale ».

Et pour les richesses naturelles, le cabinet évoque les richesses halieutiques (d’ailleurs, il y a encore quelques semaines, des pêcheurs malgaches y ont été interceptés par des militaires français de la FAZSOI), et les minerais « sous forme de nodules polymétalliques » et sans oublier les richesses pétrolifères. La revue du MCI explique à ce propos que l’on « sait depuis 2008 que la Zone du Canal de Mozambique autour des îles et en particulier Juan de Nova, se révèle être la nouvelle Mer du Nord très riche en matière d’hydrocarbure ».

De ce fait, comprenez bien que ceux qui revendiquent ces îles ne le font pas pour quelques km² de terres exotiques, mais plutôt pour la ZEE et toutes ses richesses (présumées ?) qui, selon leurs bons sens, pourraient propulser le 5 pays le plus pauvre du monde (mais là-dessus, il y a matière à discussion). Des compagnies pétrolières (au moins deux) d’intéressent déjà à ces ZEE.

Les nationalistes ne cessent de ce fait de mettre la pression sur le gouvernement pour que des efforts visibles soient faits dans le cadre de ces revendications. Certains mouvements souhaiteraient que Madagascar menace de ne pas organiser le prochain Sommet de la Francophonie si la France ne s’engage pas à rétrocéder ces îles. D’autres pensent que la visite de Ban Ki-Moon à Madagascar (cette semaine) serait une belle opportunité pour évoquer ce conflit.

(Source /  via)

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