Le premier film d’espionnage malgache est disponible en ligne. Et c’est une tuerie

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Il y a un an, jour pour jour, était présenté Wrong Connection, le premier film d’espionnage malgache. Marre des films gasy calqués sur les télénovelas et des pseudo-films d’arts martiaux ? Celui-ci va vous donner une grosse bouffée d’air fraiche. Pour fêter l’anniversaire du trailer du film, les réalisateurs, Colin Dupré et Ando Raminoson, ont décidé de mettre ce court-métrage en ligne.

Wrong Connection a déjà été projeté à Madagascar. Mais c’est la première fois qu’il sera accessible au grand public.

Le Blog de Madagascar (qui a interviewé l’un des réalisateurs, il y a un an) a décidé de donner ses impressions. Et en trois mots : nous sommes impressionnés.

Le film, est très bien contextualisé. « Le gouvernement malgache découvre une arme révolutionnaire et décide de la vendre au plus offrant pour redresser l’économie du pays. La Corée du Nord remporte l’enchère, et c’est tout l’équilibre géopolitique mondial qui s’en retrouve bouleversé. L’axe PyongYang -Tana est alors surveillé de près par la communauté internationale. Le Général Pyong est envoyé à Madagascar pour assurer la périlleuse transaction. C’était sans compter sur l’agent de la CIA, Tina, originaire de l’Île, et qui va mettre tout en œuvre pour perturber les plans machiavélique de cet accord militaire. La capitale malgache se transforme alors en un véritable nid d’espions », voilà ce que dit le synopsis.

Le plus impressionnant est qu’en 15 minutes, ils sont parvenus à soulever de très nombreuses problématiques du pays, comme le décalage entre les Malgaches de la diaspora et ceux qui vivent dans la Grande île, la pauvreté qui entraîne la population à imaginer des systèmes tip-top (coucou Ady Gasy), l’ingérence permanente de la religion dans les affaires de l’Etat, la corruption à tous les niveaux. Vers la fin, lorsque le président est en monologue avec l’émissaire de la Corée du Nord, il y a quelques petits tacles dirigés contre les non-respects des Droits de l’Homme à Madagascar.

En substance, le film ne se contente pas de divertir, c’est aussi un condensé de petits messages subtils. Même les Américains, qui ne connaissent Madagascar que grâce au dessin animé, ont eu droit à leurs parts.

Malheureusement, il s’agit d’un film court (qui a tout de même nécessité 3 mois de tournage). Après les 15 minutes, on en veut encore plus. Cependant, la qualité de Wrong Connection démontre qu’il est possible de faire de vrais films à Madagascar, lorsqu’on a la volonté et la créativité nécessaire.

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