Voici pourquoi Madagascar n’est pas sorti de l’auberge

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« Il y a un système à Madagascar qui fait qu’il y a une élite qui est totalement déconnectée de l’ensemble de la population. Les dirigeants qui arrivent au pouvoir ne cherchent pas particulièrement à appuyer, à avoir une assise au niveau de la population en cherchant à satisfaire au moins un minima les besoins de la population. Du coup, ils n’ont pas cette assise populaire. Et cette insatisfaction, évidement, va être utilisée par les opposants qui vont de nouveau chercher à prendre leur place et accéder au pouvoir dès qu’ils le peuvent ». – Mireille Razafindrakoto

Il y a trois ans, Madagascar sortait de la transition, après la crise de 2009. Le pays était mis en avant partout comme le nouvel eldorado touristique par la presse internationale (bonus : Uncharted nous a fait de la pub), les startups malgaches commençaient à percer à l’extérieur et les initiatives numériques florissaient…

Mais aujourd’hui, boom ! Une nouvelle crise. Que s’est-il passé ? A l’origine de la fronde des 73 députés qui réclament désormais la démission du président de la république, il y a un code électoral controversé (qui a d’ailleurs été rejeté par la Haute Cour Constitutionnelle).

Et finalement, 2018 ne déroge pas à la règle des crises cycliques à Madagascar. 1991, 2002, 2009 et … 2018.

2018, c’est mort. Pensons à 2028

Madagascar serait le seul pays qui n’a jamais connu la guerre mais qui ne cesse de régresser, ce qui fait de la Grande île, l’un des 5 pays les plus pauvres au monde.

Et l’explication de l’économiste Mireille Razafindrakoto : à chaque fois que le pays commence à avoir des indicateurs au vert, une crise vient tout interrompre.

Mireille Razafindrakoto a récemment été l’invitée de TV5 Monde pour parler de cette nouvelle crise, mais également de « l’énigme et du paradoxe malgache ». Elle n’est « pas du tout surprise de cette crise », pour ne pas dire qu’elle l’avait prédite car tous les ingrédients étaient là.