Un phénomène de plus en plus inquiétant est en train de sévir à Madagascar : des comptes fake ou des profils piratés qui incitent à la haine dans les groupes Facebook. Et les administrateurs se retrouvent parfois dépassés par les événements.

Ces comptes fake utilisent parfois la notion d’ethnie ou provoquent des débats entre habitants des hauts-plateaux et ceux des régions côtières, et peuvent générer des milliers d’interactions sur un post.

La notion d’ethnie serait pourtant à côté de la plaque, selon un historien, anthropologue et professeur à l’Université d’Antananarivo qui a été interviewé par Les Nouvelles en 2016 et ne serait qu’une délimitation fictive sans véritable fondement scientifique.

Malheureusement, cette délimitation, en plus de présenter des incohérences, est souvent utilisée dans la politique.

Il n’est pas rare qu’après un événement, des associations de « zanak’i [une région] » interviennent dans la vie publique, se croyant représentatives d’une partie de la population malgache.

Le plus dangereux est que les divisions peuvent être utilisées pour déstabiliser un pays.

Dernièrement, l’équipe de sécurité de Facebook a publié un rapport concernent les opérations d’informations politiques qui ont été menées sur sa plateforme. Des opérations d’informations (à base de spams et de comptes fake) menées soit par des gouvernements soit par des entités non-gouvernementales afin d’interférer avec la vie politique d’un pays.

Un type d’opération consiste à promouvoir une personnalité politique ou une cause. L’autre consiste à dénigrer.

Et une troisième consiste à « s’engagent activement dans le spectre politique dans l’intention apparente d’accroître les tensions ».

Le but de ce dernier serait d’accentuer la méfiance dans les institutions politiques ou d’étendre la confusion dans un pays.