Et si on parlait de votre obsession pour les cheveux lisses

(Archive) Un modèle au cheveux curly
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Ce mois de mars, Larissa, une utilisatrice malgache du réseau social Instagram, a été sélectionnée pour apparaître sur le magazine Fashion Bomb Daily, suivi par des millions de personnes dans le monde.

Dans la petite interview, Larissa dit vouloir donner une autre image de Madagascar.

« En raison du film populaire Madagascar, je suppose que les gens peuvent penser que nous sommes un groupe de filles exotiques à moitié nues, les mamelons couverts de noix de coco, errant autour de la vaste forêt parmi les lions et les girafes ici », explique-t-elle.

Mais sur son copte Instagram, c’est surtout ses cheveux que l’on voit, sur les photos, sur sa bio « fashionista & curly / social activist » ou encore sur son identifiant « @how_to_be_curly_in_madagascar ».

Si Larissa n’entre pas dans la polémique sur son compte Instagram (cela ne se fait pas sur ce réseau social), cela nous rappelle qu’à Madagascar, avoir des cheveux lisses est encore le modèle de beauté standard.

Dans une interview avec RFI, en 2016, la journaliste de mode Dina Nomena racontait qu’en laissant ses cheveux naturellement frisés, elle reçoit parfois des remarques stigmatisantes. Déjà traitée de « folle » ou de « sorcière », selon elle, dans l’histoire malgache, « les personnes qui sont déjà noires et avec des cheveux crépus » étaient taxés d’andevo (esclave).

Fort heureusement, les pensées ont nettement évolué ces dix dernières années. Larissa n’est pas la seule Malgache sur les réseaux sociaux à mettre en avant la beauté des cheveux frisés ou curly. Sur la page Facebook « Curly Aho », les abonnés postent des photos avec leurs cheveux frisés naturels, dont elles sont fières.


On pourrait également citer la bloggeuse Teny Kely. Dans un billet qui avait fait un énorme buzz en 2011 intitulé « 25 raisons de ne pas sortir avec un Malgache », elle dénonçait avec beaucoup d’humour l’obsession des hommes malgaches pour les cheveux lisses : « Il est programmé pour n’aimer que les cheveux lisses, adieu donc le fer à boucler ». Plus loin, une internaute commente : « Bon plan: sortir avec un vazaha c’est avoir l’assurance que tes cheveux bouclés/ondulés/frisés/peutimporte feront parties des 1ères raisons pour lesquelles il t’aime. Tu as ma parole 😉 ».

Le dessinateur Blouumorof a également évoqué ce problème dans l’un de ses dessins, expliquant « qu’il n’y a pas que les cheveux lisses qui sont jolis ».

Sur un autre dessin, il suggérait que quand Starbuck ouvrira à Madagascar, il devra d’abord faire passer la femme avec des cheveux frisés sur son logo au fer à lisser.