Hier, en France, a été commémoré le souvenir de l’esclavage et de son abolition. Il s’agissait de la dernière cérémonie de Hollande en tant que président et d’une occasion de rappeler que la France fut le premier pays à abolir l’esclavage.

Lors de son discours, il a également évoqué la colonisation ainsi que les responsabilités de son pays pour des événements tels que la répression de l’insurrection de 1947 à Madagascar.

Dans la Grande Ile, c’est une occasion de se rappeler également du moment où l’esclavage a été aboli. Comme la plupart des autres civilisations, celle des Malgaches a également pratiqué cette abomination.

Et celle-ci n’a été abolie qu’après la chute du Royaume de Madagascar et au début de la colonisation. Le leader d’opinion Harinjaka Ratozamanana a pu retrouver dans les Archives nationales d’outre-mer (ANOM) d’Aix en Provence, ces traces écrites du texte qui a aboli l’esclavage dans la Grande Ile.

En effet, il a fallu attendre la colonisation pour qu’on y mette fin. Malheureusement, c’est aussi à la même année, en 1896, que le gouverneur Gallieni a annexé la Grande Ile. Il était connu pour sa « politique des races » et du « diviser pour mieux régner ».

Dans son livre Madagascar : L’apprentissage de l’indépendance, l’auteur Riandriana Ravelonjatovo évoque cet extrait :

« Frapper à la tête et rassurer la masse égarée par des conseils perfides et des affirmations calomnieuses, tout le secret d’une pacification est dans ces deux termes. En somme, toute action politique dans la colonie doit consister à discerner et mettre à profit les éléments locaux utilisables, à neutraliser et détruire les éléments locaux non utilisables. » — Joseph Gallieni, cité dans Alain Ruscio, « Le crédo de l’homme blanc », Éditions Complexe, Bruxelles, 2002, p. 250-251.

Cette politique a malheureusement créé des divisions entre Malgaches qui sont encore visibles jusqu’en 2017.