Amoureux de Madagascar, ce Belge a « décidé de tout plaquer »

PIerre Koval

« Je suis venu à l’âge de 11 ans avec mes parents, j’ai passé 3 jours à Antananarivo. Je me rappelle d’une fille qui fouillait dans une poubelle avec le sourire. Et pour moi en tant qu’Européen, ce n’était pas normal de voir une gosse fouiller dans les poubelles pour bouffer, avec un sourire ». La semaine dernière, Le Blog de Madagascar est parti à la rencontre de Pierre Koval, directeur d’une agence de voyage « solidaire ».

Lorsque nous lui avons demandé d’expliquer ses motivations, il a commencé par nous raconter cette expérience qui lui a « traumatisé » et marqué à vie, avant de poursuivre qu’il a aussi été séduit par la beauté de la Grande Île, notamment après avoir visité le Sud.

Malheureusement, des scènes comme celle décrite par Pierre, on en voit tous les jours à Madagascar, et surtout à Antananarivo. Pour les Malgaches, elles sont devenues normales et tout le monde y est insensible.

Aujourd’hui, Pierre est ce qu’on appelle un zanatany, un Malgache de cœur. Des scènes comme celle qu’il a racontée, il a dû en voir beaucoup depuis. Et comme presque tout le monde à Mada, il est peut-être aussi devenu un peu moins sensible à cette vision.

Mais en tout cas, son premier contact avec l’extrême pauvreté ferait partie de ce qui a motivé ce Belge de 31 ans à revenir à Madagascar : « A l’âge de 20 ans j’ai commencé à travailler à Caterpillar en Belgique. Je venais chaque année ici en vacance et après 10 ans j’ai décidé de tout plaquer, j’ai fait un an et demi de bénévolat à Grandir à Antsirabe puis on m’a proposé de développer Rencontre avec Dago ».

Aujourd’hui, il est directeur de Rencontre Avec Dago, l’agence de voyage solidaire et il travaille aussi chez Grandir à Antsirabe, l’ONG qui est en partie financée par cette agence.

Comment ça, solidaire ?

 

Agence solidaire

Aujourd’hui, Rencontre Avec Dago est une agence profitable. Et selon Pierre, chaque année, elle « verse 50 % des bénéfices à l’association Grandir à Antsirabe, et garde l’autre moitié pour la communication et le développement de ses circuits ».

Pour le moment, l’ONG dépend encore de dons de l’étranger pour tourner, bien qu’elle bénéficie aussi des 50 % des profits de Recontre Avec Dago. Cependant, Pierre est confiant que son agence pourra subvenir à tous les besoins financiers de Grandir à Antsirabe d’ici quelques années.

Il est possible que vous n’ayez jamais entendu parler de cette organisation. Pourtant, à Antsirabe, elle semble déjà avoir accompli pas mal de choses. Sa première vocation est de venir en aide aux enfants des rues. D’ailleurs, avant de nous présenter l’agence solidaire, Pierre nous a d’abord parlé de Grandir à Antsirabe. Dans cette petite ville des hauts-plateaux de la Grande Île, l’organisation gère des internats, dont un qui prend en charge des ados jusqu’au Bacc, des dispensaires et bientôt un centre d’accueil pour les enfants de la rue. Sinon, Grandir à Antsirabe a déjà rénové ou construit des écoles primaires publiques et dans un établissement, elle offre même des collations (pain + banane) aux élève tous les jours.