Une vidéo sur l’enfer et la malnutrition dans les prisons malgaches

0
222

Pour certains, la peine de prison à Madagascar s’est traduite par une peine de mort par malnutrition. Selon les chiffres de la Croix Rouge, on a compté au moins une cinquantaine de décès dans les prisons malgaches, « dont la moitié restaient liés à la malnutrition (27) ».

En effet, outre la surpopulation dans celles-ci, on observe également une incapacité du gouvernement de nourrir les prisonniers. « L’Etat malgache, frappé de plein fouet par la crise économique, a de plus en plus de mal à nourrir ses quelque 22,000 détenus. Une circulaire du ministère de la Justice prévoit bien une ration individuelle quotidienne de 750 grammes de manioc mais, dans les faits, celle-ci dépasse rarement les 300 grammes », lit-on dans un communiqué.

Et comme l’explique Brigitte Doppler, nutritionniste du CICR, « c’est complètement insuffisant, tant sur le plan quantitatif, c’est-à-dire rapport énergétique, qu’évidemment sur le plan qualitatif. A long terme, s’il n’y a pas d’apport autre, c’est forcément létal, c’est un décès ».

De ce fait, en 2011, la Croix Rouge a lancé un programme qui permet aux détenus malnutris « modérés ou sévères », de bénéficier de rations supplémentaires. A l’époque « les autorités pénitentiaires enregistraient environ 150 décès par an dans la population carcérale, dont plus des deux-tiers étaient liés à la malnutrition ».

Mais l’aide est souvent insuffisante car une fois les détenus sortis du programme, ils perdent à nouveau du poids.

« Jacky Rambeloson est incarcéré depuis juin 2015 à la prison de Tuléar. Un mois seulement après son arrivée, sa perte de poids étant conséquente, il doit intégrer le programme alimentaire. Guéri, il sort du programme. Mais ne bénéficiant plus que d’une ration quotidienne de manioc, son état se dégrade de nouveau et, en mars 2016, il réintègre le programme. Comme beaucoup de détenus, les guéris retombent malades à plus ou moins long terme. »

LEAVE A REPLY