Qui est NirinA, la star malgache qui a émergé de YouTube ?

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En 2016, un mec qui s’amuse à créer des vidéos dans sa chambre a autant de chances de devenir célébrité qu’un artiste autoproclamé qui passe par le circuit traditionnel. Et cela, c’est grâce à internet.

Dans l’ère du numérique, un seul partage peur créer un effet domino et rendre une personne ou un groupe célèbre du jour au lendemain. NirinA, fait partie des célébrités malgaches qui ont émergé grâce à internet. Pourtant, rien ne le prédestinait réellement à devenir célèbre à Madagascar.

Les débuts modestes

NirinA est né et a grandi dans l’Hexagone. Il a commencé à publier des vidéos sur internet en 2008, sur DailyMotion. « J’utilisais ce portail à l’époque principalement pour partager mes vidéos avec les proches ou amis, raconte-t-il. On était également au début de l’ère Facebook en Europe. A l’époque, les podcasts et les vidéos n’étaient pas aussi populaires. Etant musicien à l’origine, j’étais plutôt dans la réalisation de clips vidéo sur des musiques que je composais (dont « My Girl on Facebook » qui fut en première page Dailymotion). Par la suite YouTube a connu une véritable ascension, se développant en français et je le trouvais plus performant. Alors j’ai commencé à poster mes vidéos sur YouTube toujours très orientés musique et danse (mon autre passion). Dans les années 2010, les podcasts sont devenus des phénomènes, de vrais « buzz », j’aimais bien ce format : parler du quotidien et le tourner en critique/humour ».

A ce moment-là, NirinA ne parlait pas encore de Madagascar. Mais en 2012, il eut un déclic : « personne ne parlait encore de Madagascar ». Il se lance alors dans les podcasts sur son pays d’origine. « Je raconte principalement mon histoire, ce que j’ai vécu, les clichés, les anecdotes. J’ai été vraiment surpris par l’accueil très positif de la communauté Gasy », nous confie le YouTubeur malgache.

En 2012, NirinA n’était pas encore un phénomène mainstream. Il était surtout apprécié de la communauté malgache de France et des quelques privilégiés qui peuvent ouvrir ses vidéos sur YouTube (internet coûte cher) dans la Grande Île. Pendant un moment, il a même un peu arrêté « publiant une vidéo de temps en temps ».

En 2014, il s’installe à Madagascar

La véritable ascension de NirinA eu lieu en 2014, lorsqu’il s’installe à Madagascar. Il se rend compte qu’une vidéo en particulier, « les Malgaches » a marqué les esprits car certaines personnes le « reconnaissaient dans la rue ».

« Je ne m’y attendais vraiment pas car pour moi c’était de l’histoire ancienne. Je me suis rendu compte de l’engouement des gens pour ce type de vidéos, ce besoin qu’on parle de nous, qu’on en rie. Alors j’ai décidé de reprendre les vidéos en parlant principalement de Madagascar et cela jusqu’à présent ». Voilà comment Nirina raconte son déclic.

NirinA a repris au bon moment car grâce à Facebook, ses vidéos allaient devenir accessibles (à des frais de données raisonnables) aux personnes qui n’ont pas d’abonnement internet. Grâce au buzz, une chaîne de télévision décide même de diffuser ses vidéos. Et dernièrement, il est même apparu sur des spots publicitaires. En substance, NirinA est aujourd’hui une star à Mada et c’est grâce au web.

« La passion doit être à la base »

Lorsque nous avons demandé à NirinA si un Malgache peut aujourd’hui vivre de l’activité de YouTubeur, voici ce qu’il nous a répondu : « Je dirai que l’objectif principal ne doit pas être de gagner de l’argent tout de suite dès le début. La passion doit être à la base. Comme toute activité, cela nécessite un investissement au départ : en temps et argent. Sans oublier qu’il faut être polyvalent (connaissance technique en vidéo, gestion de communauté sur les réseaux sociaux, écriture des vidéos, auto-promotion…) et qu’il faut produire régulièrement des vidéos pour augmenter le nombre d’abonnés, de vues. Si la qualité est au rendez-vous, les opportunités vont naître, c’est quasiment certain, mais cela prend du temps. Aujourd’hui oui je passe à la télévision, je commence à faire des pubs et à sentir le retour sur investissement (dans tous les sens du terme) mais derrière il ne faut pas oublier que j’ai des centaines d’heures de travail. Il faut avoir une vision à plus long terme sur plusieurs années pour pouvoir réussir à en vivre ». Bien que l’activité commence à être lucrative, NirinA n’en vit pas encore financièrement, il travaille en tant que senior account manager pour une entreprise basée à Antananarivo.

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