Si un jour, on vous dit qu’il y a de moins en moins de prostituées dans les rues d’Antananarivo, le soir, ce ne sera peut-être pas dû à une baisse de la pauvreté, mais plutôt parce que les jeunes femmes et les jeunes hommes qui pratiquent ce métier n’ont même plus besoin de sortir de chez eux pour trouver des clients.

En quelques phrases, une prostituée peut faire une offre dans un groupe Facebook, tout en restant au chaud à la maison. Les clients peuvent aussi faire des propositions, auxquelles les personnes intéressées répondent ensuite en message privé.

« 150 pour deux heures, très sérieux. Le plan se fait ici à la poste », lit-on dans une publication dans l’un de ces groupes. « 400 000 fmg pour les personnes intéressées. Si tu n’as pas d’argent tu t’abstiens », écrit une autre personne dans le même groupe. Une autre, dans sa publication, précise que c’est sans « sodo », en plus du tarif. Elle montre une photo de son corps, mais pas le visage.

Des publications de ce genre, on peut en voir tous les jours dans les nouveaux groupes ou les pages spécialisés dans cette activé. Certaines personnes assument et ne semblent pas utiliser de comptes fake, alors que d’autres préfèrent prendre cette précaution.

Ce qui est vraiment dangereux est que parmi les filles qui utilisent les réseaux sociaux pour trouver des clients, il y aurait des mineures. C’est en tout cas ce qu’indique l’ECPAT France, une ONG qui lutte contre l’exploitation sexuelle des moins de 18 ans. « L’utilisation de Facebook favorise les rencontres entre client et prostituée. Les filles font une comparaison et désignent les clients », indique un responsable de l’organisation, cité par l’Express de Madagascar. Par ailleurs, la prostitution des mineurs n’affecterait plus que les filles déscolarisées, mais également les lycéennes.

Il serait en revanche idiot d’accuser les réseaux sociaux (Facebook étant le plus plébiscité à Madagascar) d’encourager la prostitution. Comme pour toutes choses, ce n’est pas la technologie qui est fautive, mais l’usage dont on fait.

Les chiffres de la prostitution ont toujours été inquiétants à Madagascar. Le fait que cela peut aujourd’hui se faire sur un réseau social n’est que le signe d’un monde qui change.

D’ailleurs, des escort girl proposaient déjà leurs services dans les années 2000 sur des sites érotiques malgaches, où les internautes pouvaient poster des photos, et accompagner celles-ci de propositions.

(Source)