Pour lui, les médias malgaches « abusent parfois » de leur liberté

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Rajaonarimampianina Hery

Il semblerait que le gouvernement malgache se soit fait un nouvel adversaire : les médias. L’enjeu ? La liberté d’expression. La raison ? Un projet de loi qui est en passe d’être votée au parlement est qui est jugée liberticide. Ce projet de loi, c’est le code de la communication.

D’un côté, les médias revendiquent la dépénalisation de la diffamation. Et de l’autre, ils réclament l’abrogation via cette loi de l’article 20 de la loi sur la lutte contre la cybercriminalité (elle avait fait polémique 2014) qui sanctionne avec de lourdes peines « l’injure ou la diffamation commise envers les Corps constitués, les Cours, les Tribunaux, les Forces Armées nationales ou d’un Etat, les Administrations publiques, les membres du Gouvernement ou de l’Assemblée parlementaire, les fonctionnaires publics », etc.

Outre le fait qu’elle protège les puissants, cette loi semble également avoir vocation à freiner l’émancipation d’une jeunesse malgache qui s’exprime sur les réseaux sociaux, notamment via des parodies et des caricatures. Pour l’Express, « le régime Rajaonarimampianina a décidé de garder les moyens d’envoyer en prison, pas seulement les journalistes, mais aussi les Internautes et les adeptes des réseaux sociaux ». Dans un autre article, il écrit même que « les autorités ont une peur bleue des internautes et des utilisateurs des réseaux sociaux. Ils n’insisteraient pas autant pour maintenir en vigueur l’article 20 de la loi sur la lutte contre la cybercriminalité, sinon ». Quant au groupe d’activistes Wake Up Madagascar (soutenu par plus de 20 000 internautes), il estime que « La liberté d’expression est menacée. Le code de la communication est manipulé ».

La liberté dont ils jouissent, et abusent parfois

Alors que les articles accusant le régime de vouloir museler les médias ainsi que les internautes s’empilent, l’Etat reste discret. Mais au mois de mars, dans une interview accordée au Point Afrique, le président avait néanmoins évoqué la liberté de presse à Madagascar. Et son point de vue sera peut-être différent du vôtre :

« [Le Point] La société civile dénonce des exactions impunies contre les populations dans un pays où la justice paraît dépassée. Qu’envisagez-vous de faire pour que la sécurité du citoyen revienne ?

[Rajaonarimampianina] Effectivement la société civile, les médias mettent souvent en exergue ces actes de violence qui minent notre société. D’abord je voudrais juste dire que le fait que ces abus soient rapportés à l’opinion montrent bien que ces contre-pouvoirs fonctionnent comme il faut à Madagascar. Ce qui m’étonne quand je lis certains sondages, supposés être sérieux, qui affirment que la démocratie recule à Madagascar. Quiconque lit, écoute, regarde les médias malgaches, ne peut que confirmer la liberté dont ils jouissent, et abusent parfois. »

1 COMMENTAIRE

  1. Peut-on rire de tout ? Et en l’occurrence d’un homme d’état ? Parce que question démocratie et droits… Le gouvernement malgache devrait avant tout, s’inquiéter de ces propres défaillances, de ces abus en tous genres et autres exagérations hallucinatoires ! Et je n’ai pas pour habitude de parler dans le vide…Donc si un journaliste est prêt à soulever du lièvre, j’ai de la matière.

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