L’histoire des 80 esclaves malgaches abandonnés par leurs maitres sur une île déserte

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Tromelin

Si les Malgaches connaissent l’île Tromelin, c’est en raison des revendications que Madagascar a (officiellement) aujourd’hui sur celle-ci. Cependant, il faut savoir que cette petite île à 450 de Madagascar renferme également une histoire intéressante, celle des 80 esclaves malgaches qui ont été abandonnés sur une île déserte. Des recherches et des fouilles archéologiques récentes ont d’ailleurs permis de raconter leur histoire et d’avoir une idée de leur quotidien.

L’histoire commence au port de Bayonne en France, le 17 novembre 1760. L’Utile, un navire négrier de la Compagnie française des Indes orientales, appareille avec 142 marins. De passage à Madagascar, le commandant décide d’embarquer plus d’une centaine d’esclaves pour les plantations de Maurice, La Réunion et Rodrigues.

Comme cette cargaison était illicite, l’Utile évite de se faire repérer en empruntant une route dangereuse. Mais cette mauvaise décision fait que le navire s’échoue le 31 juillet 1761 sur la petite île de Tromelin.

Sur les 120 esclaves embraqués, 80 survivent. Et pendant un premier temps, ils cohabitent sur l’île déserte avec les marins de l’Utile. Mais deux mois après le naufrage, l’équipage de l’Utile quitte Tromelin grâce à un radeau en abandonnant les 80 esclaves.

Le commandant avait promis de revenir les récupérer, mais ce n’est qu’en 1773 que les premières missions de secours sont lancées. Toutes échouent, malgré la volonté de Barthélémy Castellan du Vernet, commandant en second de l’Utile, de respecter sa parole. Et finalement, ce n’est qu’en 1776, soit 15 ans après le naufrage, qu’une expédition dirigée par le chevalier de Tromelin (qui donne son nom à l’île) parvient à secourir quelques survivants : 7 femmes et un bébé.

Comment ont-ils survécu ?

Ce qui a le plus intéressé les archéologues durant leurs fouilles, c’est la manière dont les esclaves abandonnés à leur sort ont survécu aussi longtemps sur cette petite île déserte d’un kilomètre carré.

Les naufragés ont utilisé les restes du navire l’Utile pour bâtir des constructions (très proches de celles de Madagascar) et fabriquer des outils. Ils se nourrissaient d’œufs de tortues et d’oiseaux. Et pour l’eau ils auraient utilisé un puis.

Ci-dessous, par exemple, vous avez de la vaisselle métallique, qui a été utilisée par ces esclaves.

 

4 COMMENTS

  1. 100 esclaves ont été enfermés dans les cales et ont été noyés. Ce crime ne ressort jamais dans l’histoire romancée écrite par les historiens issus de l’Europe. La bande dessinée qui raconte ces crimes esclavagistes a sauvé la mémoire de ces victimes de l’holocauste des peuples d’Afrique et de Madagascar.
    Cette île n’appartient pas à Madagascar mais plutôt à Maurice qui s’accommode très bien de la domination néo-coloniale française et co-gère cet espace maritime qui ne contient ni gaz ni pétrole.
    Cependant, les autres îles (prétendues « éparses ») sont bien malgaches en droit international et sont richissimes en gaz et en pétrole et devront forcément revenir enfin à Madagascar lorsque ce pays sera dirigé par des souverainistes absolus et non plus par des Rasanjy mendiants au service des puissances occidentales.
    Ce gaz appartient au peuple de Madagascar et du Mozambique et non aux compagnies pétrolières occidentales, point. Il est abominable de priver ce Peuple de cette ressource naturelle qui résoudrait rapidement tous les problèmes d’appauvrissement de ce pays, malheureusement planifiés par les plus hautes instances internationales occidentales (FMI/BM/OMC/APE …)

  2. Tout est dit il faut des gens serieux et integres pour sauver Madagascar qui merite de vivre sans l aide des états pilleurs..

  3. Pensez-vous vraiment que si Madagascar exploite les ressources pétrolières des îles Eparses, les Malagasy sortiraient de leur misère?
    Je ne le pense pas, il suffit de voir le niveau de vie des populations des pays africains producteurs: comme le Ghana, le Gabon, le Nigéria,l’Algérie, ces richesses reviennent aux mêmes 10% des personnes déjà détentrices des ressources et richesses du pays, ignorant le bien êtres des autres, concentrées sur leur désir de s’approprier davantage, c’est la seule réalité malheureusement, les nantis Malagasy n’aiment pas leur pays; leurs compatriotes misérables qu’ils méprisent et qui n’ont plus la force et l’énergie de se révolter,mais jusqu’à quand cet état va-t-il durer?

  4. Est il permit de poser la question: comment un navire négrier a il pu embarquer 120 esclaves à Madagascar sans la complicité d’un chef local…

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