« Les Malgaches ont (enfin) retrouvé leurs ancêtres ! », selon le CNRS

Des nobles Banjar, photo datant de 1865.
Des nobles Banjar, photo datant de 1865.

De nombreuses recherches ont déjà montré que le peuple malgache a des racines asiatiques et plus précisément indonésiennes (l’île de Borneo). Cependant, celle qui a été menée par un groupe de chercheurs du CNRS français et de l’Institut Eijkman de Biologie Moléculaire de Jakarta apporte encore plus d’éclaircissements.

« Leur étude, publiée dans la revue Molecular Biology and Evolution, met en évidence que les Banjar, une population établie dans le sud-est de l’île de Bornéo, à l’endroit même d’un ancien comptoir impérial malais, seraient les ancêtres des Malgaches », lit-on dans un billet du CNRS qui écrit également que « jusqu’à présent, aucune population source n’a clairement été identifiée ».

Afin d’en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont comparé le génome de la population malgache avec ceux de d’une soixantaine de populations d’Asie insulaire. Les travaux, qui ont notamment consisté à prendre des échantillons puis les analyser, ont pris 4 ans. Et il y a dix ans, ces analyses n’auraient pas été possibles. « Aujourd’hui, avec les progrès de la génétique et la réduction des coûts, il ne faut pas plus de quelques mois pour analyser des milliers de génomes en parallèle, alors qu’il a fallu une petite quinzaine d’années pour séquencer le premier génome humain en 2003 », rappelle Nicolas Brucato, généticien au Laboratoire d’Anthropologie Moléculaire et Imagerie de Synthèse (AMIS).

« Nous sommes assez certains de nos résultats car ils correspondent de façon quasi-parfaite avec les données de nos collègues linguistes et anthropologues, se réjouit-il également. Les Banjar vivent à l’endroit d’un ancien comptoir de commerce malais, ces derniers étant de grands navigateurs en contact permanent avec le continent africain et Madagascar. Enfin, les données génétiques nous ont permis de dater cette migration au premier millénaire, ce qui là encore concorde avec les datations des archéologues ».