Les Etats-Unis hissent le drapeau gay à Madagascar

A moins que vous viviez sans réseau et sans électricité, vous devez déjà être au courant que ce week-end, un évènement tragique a eu lieu aux Etats-Unis. Omar Mateen, un américain d’origine afghane qui a juré allégeance à l’Etat Islamique, est entré dans un club gay d’Orlando pour tirer sur la foule. 49 personnes sont mortes et 53 ont été blessées.

Suite à cet évènement, des messages de soutien ont été exprimés dans le monde entier. A Madagascar, si les autorités n’ont pas encore fait de déclaration officielle (du moins, on ne voit rien sur le la page de la Présidence de la République), l’ambassade des Etats-Unis a décidé (en fait elle en a l’obligation) de hisser le drapeau gay.

Crédit Ambassade des USA
Crédit : Ambassade des USA à Madagascar

« La diversité est une qualité que Madagascar et les Etats-Unis partagent, écrit la page Facebook de la représentation américaine à Madagascar. C’est un des cadeaux qui fait que nos deux nations soient vraiment uniques. Que ce drapeau soit un symbole de notre volonté mutuelle d’embrasser cette diversité, d’embrasser notre détermination, et de reconnaître la force qui en découle. »

Mais ce qui a surtout attiré notre attention, c’est la série de messages homophones qui est arrivée après la publication de ces images. Cela nous a rappelé que si l’homophobie existe partout, Madagascar est l’un des pays « démocratiques » les moins tolérants envers les communautés LGBTI (mais plus tolérant que de nombreux pays africains).

Dans la Grande Île, cette communauté doit se faire discrète, ses membres se font parfois insulter, tabasser, voir assassiner dans les rues. Et la discrimination est quasi-officielle. Cathy, une lesbienne que nous avons pu interroger, nous raconte même que le jour où elle a décidé de faire son coming-out, ses parents ont décidé de la chasser du foyer familial.

A l’époque, elle venait d’avoir le bacc et n’avait aucune source de revenu. Pendant un an et demi, elle a dû squatter chez des amis car si trouver un emploi à Madagascar est un vrai parcours du combattant, cela est encore plus difficile pour un/une gay qui affiche ouvertement ses orientations sexuelles.

Aujourd’hui, Cathy travaille dans un call center et a de quoi vivre décemment. Elle suit même des cours de droit par correspondance. Mais elle se rappelle de la « merde » dans laquelle elle était à cause de sa différence. Et pour elle, les deux fautifs sont l’éducation et l’Etat.

« On n’a pas de cours d’éducation civique ici, on n’enseigne pas la tolérance, explique la lesbienne. Quand tu ne ressembles pas aux autres, tu es forcément mise à l’écart, insultée. Quant à l’Etat, il ne semble pas disposé à prendre le risque de devenir impopulaire. Il suffit de voir la manière dont les lois sont écrites. La loi sur la cybercriminalité, par exemple, punit plus sévèrement les menaces en ligne lorsqu’elles sont faites en raison du sexe, de l’ethnie ou de la religion. Les menaces à caractère homophobes ne sont pas incluses. »