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Si vous vivez à Madagascar (ou même dans l’Océan Indien), et si vous avez ouvert votre fil d’actualité Facebook, vous avez certainement vu le clip très engagé (enragé) de Caylah.

CAYLAH / Madagascar /Le clip de « Madagascar » by Caylah, qui a fait le buzz ces derniers jours.

« Fa kilao an’ny vaotabia zao eny amin’ny la côte no efa mandeha amin’ny euro. Nefa ialahy ra resaka ariary mbola ZERO »

« Sur les côtes, les tomates se vendent en euros. Toi, côté ‘ariary’ t’es à zéro »

Lisez notre interview de la slameuse ici : http://blogdemadagascar.com/interview-de-caylah-la-slameuse-enragee-qui-fait-le-buzz-sur-facebook/

Note : cette vidéo a été publiée sur notre mur avec l’accord de l’artiste

Posted by Le blog de Madagascar on Thursday, January 14, 2016

 

Comme la plateforme Vimeo ne fournit pas les statistiques de ses contenus, nous ne savons pas exactement combien de fois la vidéo a été regardée a été vue.

Mais d’après les quelques chiffres que nous avons à notre disposition, Caylah a fait un véritable buzz en l’espace d’une journée : la vidéo, simplement intitulé « Madagascar », a été partagée plus de 1 200 fois sur Facebook; notre article sur celle-ci (qui a été publié ce matin) a été lu par plus de 2000 internautes et ça continue de monter; et enfin, une page Facebook a uploadé cette vidéo ce matin également et au moment où j’écris, elle a déjà été vue plus de 3 500 fois.

Lorsque nous avons partagé ces chiffres avec Caylah, elle nous a demandé de faire une pause, étonnée par le buzz.

Mais qui est Caylah ? Cette jeune slameuse de 21 ans vit à Antananarivo. Titulaire d’une licence en communication des entreprises, elle travaille également dans le social par le biais du slam.

« Je fais des ateliers réguliers dans un centre qui s’occupe des mères adolescentes […]. Une introduction à ce que j’appelle slamothérapie », nous explique-t-elle.

Est-ce-que tu as un message supplémentaire pour toutes les personnes qui ont vu ou bien partagé ta vidéo ?

[Caylah] Le message que je voudrais faire passer c’est :

on est peut-être pauvre, je suis peut-être pauvre, je n’ai pas grand-chose à offrir, mais on est tous ici pour une raison ou une autre. Et on peut faire de grandes choses avec les moyens qu’on a.

Moi ce que j’ai à offrir, c’est le talent que Dieu m’a donné. Donc je partage. Chacun mérite d’être entendu et d’être considéré, peu importe les origines, les titres, les statuts, qu’on soit jeunes ou vieux.

D’après toi, pourquoi ta vidéo a autant buzzé ?

[Caylah] Peut-être parce qu’elle touche tout le monde, la génération d’avant et la génération d’aujourd’hui.

Parce que ça va de la colonisation à la mondialisation, à la politique. Et parce que je suis sincère dedans, je dis les choses tel qu’elles sont.

Peut-être aussi parce que ça a touché les gens le fait qu’une jeune fille pense ce genre de chose et ose le dire, pour ne pas dire une femme. Sinon, moi-même je ne l’explique pas.

Kayla

Nous non plus, on n’a pas trop compris. Mais voilà, hier, tu n’étais surtout connue que dans le cercle des amateurs de slam à Madagascar. Et aujourd’hui, grâce à cette vidéo, tu es en quelques sortes la porteuse d’un message qui est partagé par des milliers de Malgaches et même des étrangers. Je suppose que pour le moment, tu es encore un peu confuse par ce buzz inattendu. Mais est-ce-que tu penses que tu vas rester dans la sphère underground ou au contraire, est-ce-que tu vas essayer de plus te faire connaitre ?

[Caylah] Au début, ce n’était pas du tout mon intention de me faire connaitre. Mais depuis l’année dernière, on m’a vue sur quelques chaines à la télé locale.

Et parlons de la vidéo. C’est un teaser pour un film en cours, encore à la recherche de financement. Mais il était prévu que la version du clip sorte et que probablement j’allais la faire passer à la télé.

Ah bon ? Tu peux nous parler du film ?

[Caylah] Madagascar Underground, un film sur tous les arts indépendants underground, une idée de deux amis Parisiens. Ils vont encore chercher le financement en Europe pour faire le film et pour tourner à Madagascar. Ça concerne les arts underground, tout ce qui est slam, sports de glisse, graffiti, rap, danses urbaines…

Très intéressant. Sinon, le message que tu véhicules dans tes paroles me fait un peu penser au mouvement activiste Wake Up Madagascar, qui a récemment organisé une manifestation pacifique à Antananarivo. Est-ce-que tu as une quelconque connexion avec ce groupe ?

[Caylah] Je ne connais personnellement que Ketaka. On a fait une vidéo il y a quelques années, sur la lutte contre les violences faites aux femmes.

Sinon, il n’y a pas de rapport avec le mouvement Wake Up Madagascar. C’est parti de ma propre initiative. Mais de nature engagée dans des « causes perdues » (entre guillemets), j’écris sur ce qui me touche et sur tous les thèmes que l’on n’ose souvent pas aborder.

Je me dis que c’est à nous de changer le monde si les autres ne le font pas. Il ne suffit pas de s’adapter et de se conformer. Il faut se battre pour ses rêves et se révolter pour ce qui est bon et ce qui est juste, non pas par la force et par la violence mais par sa détermination et sa volonté.

C’est magnifique ce que tu as dit. Dernière question : est-ce-qu’il y a des auteurs, des poètes ou des slameurs qui t’ont inspirée ?

[Caylah] Je me suis  vraiment mise à écrire au lycée, passionnée par le Malagasy où on apprend des choses sur les auteurs et sur la poésie « tononkalo ». Et celui qui m’a le plus inspiré, c’est Rado et Samuel Ratany qui s’est fait appeler Tanicus, un anagramme de son nom. D’où mon choix de me faire appeler Caylah, l’anagramme de mon prénom. J’ai beaucoup d’admiration pour les autres slameurs mais je ne me suis inspirée d’aucun.

Kayla

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6 COMMENTAIRES

  1. Bravo à toi Caylah, tu mérites un buzz mondial car ton clip je dirais même ce court métrage très bien réaliser sur Madagascar nous rappels que « Nous » Français d’origine Malgache de ne pas oublier notre Pays. Au début je m’attendais à un clip avec de la musique mais enfin de compte rien de tout sa juste des paroles dites avec le coeur à voix haute et surtout je pense derrière ces mots un vécu car se que tu racontes c’est le quotidien du pays.
    Bonne continuation pour la suite et qui dit pour la suite si un jour tu viens en France à Lyon, je srais ravis de composer une chanson avec toi.

  2. ce genre d’action que notre pays a tant besoin, mais plus les beaux discours des beaux parleurs des politiciens malagasy. J’appelle tout les jeunes malagasy de prendre en main leurs avenirs. Ne nous laissons plus se faire abrutir par l’extérieure. Nous avons notre fierté malagasy. Et il est temps aussi que les malagasy se réveillent et de ne plus accepter la façon dont on nous traite, comme des vaut rien. Merci à CAYLAH d’oser lancer une réflexion positive. J’espère que tu ne seras pas influencé par les récupérations politiques mais reste telle que tu es. Dans l’espoir que d’autres se lèveront aussi et apporter sa contribution pour LE REVEIL DE NOTRE PAYS.

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