Sur son compte Instagram, Helen Kaminski explique que ses chapeaux en raffia sont fait exclusivement avec des matériaux malgaches.
Sur son compte Instagram, Helen Kaminski explique que ses chapeaux en raffia sont fait exclusivement avec des matériaux malgaches.

L’artisanat malgache est parfois sous-estimé. Pourtant, avec de la détermination et un peu de chance, cette filière jusqu’à présent mal exploitée peut devenir une véritable machine à cash. En témoigne l’histoire de la « Canadienne de Madagascar », Denise Cléroux. Aujourd’hui, elle est retraitée. Mais il y a quelques années, elle gérait une entreprise de 4 000 employés et ses chapeaux made un Madagascar étaient portés par des célébrités. Nicole Kidman, Sandra Bullock ou encore Hillary Clinton possèdent des chapeaux qui ont été fabriqués dans ses ateliers.

« Il fallait avoir la foi, être entêtée même, envers ce qui pouvait se faire à Madagascar » – Denise Cléroux

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Couverture de la biographie de Denise Cléroux

Denise Cléroux n’était pas prédestinée à travailler dans la mode et encore moins à être entrepreneure. La Canadienne était venue sur la Grande Île en 1970 en tant qu’enseignante de l’Agence canadienne de développement international (ACDI). Puis, elle est restée, cette fois-ci en tant que représentante consulaire du Canada.

Et ce n’est que 9 ans plus tard qu’elle décide de lancer les Ateliers Denise Cléroux, misant sur le potentiel de l’artisanat malgache. Ses affaires démarrent plutôt bien. Mais c’est en 1989 que commence la véritable succès story, lorsqu’elle rencontre dans le hall d’un hôtel tananarivien Helen Kaminski, une designer à la recherche de matériaux pour fabriquer des chapeaux qui seront vendus dans les enseignes de luxe d’Europe et d’Amérique du Nord.

Les deux femmes concluent un deal et les chapeaux Kaminski étaient nés. Comme l’explique une revue de HEC Montréal, « Dans les années 1990, porter un chapeau Kaminski devint du dernier chic ». A Madagascar, un chapeau coûtait 20 dollars à fabriquer mais dans les magasins, il pouvait être vendu à 500 dollars.

En 2008, l’entreprise était à son apogée, grâce à la confection des chapeaux ainsi que d’autres articles vendus en occident avec l’étiquette Kaminski. Mais la fin est moins heureuse. Durant la crise politique qui a débuté en 2009, la fondatrice décide de mettre la clé sous la porte, et de prendre sa retraite (à Madagascar). « À un moment donné, ma patience était à bout. Face aux perturbations et à l’intimidation croissante des activistes, j’ai décidé d’entamer la fermeture de mes ateliers. C’était aussi une décision de retraite après 30 ans comme entrepreneure », raconte-t-elle à lapresse.ca. Et selon HEC Montréal, les chapeaux sont aujourd’hui confectionnés en Asie. Mais les fibres proviennent toujours de Madagascar.

Ci-dessous, vous avez également une interview de cette entrepreneure canadienne dans une émission économique.

 

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