Deux frères lancent une plateforme de crowdfunding pour Madagascar

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Charles-Henri et Miandra Ravony, les deux frères cofondateurs de Fanjava
Charles-Henri et Miandra Ravony, les deux frères cofondateurs de Fanjava

Pour résoudre le problème du financement des start-up à Madagascar, deux Malgaches résidant en France souhaitent aujourd’hui lancer Fanjava, une plateforme de crowdfunding ou de financement participatif.

Ce concept n’est pas encore très connu dans la Grande Île. Mais en Europe et aux Etats-Unis, de nombreuses start-up sont déjà parvenues à rapidement devenir des géants grâce à ce nouveau moyen de financement, pour ne citer qu’Oculus VR ou Pebble.

Le principe est très simple : si vous avez une idée innovante et un prototype qui fonctionne, vous pouvez lever des fonds directement chez les utilisateurs finaux. Un peu partout dans le monde, ce mode de financement a déjà permis de financer des idées que les banques et les investisseurs traditionnels n’auraient pas forcément soutenu. L’autre avantage du financement participatif, c’est qu’il permet de mesurer concrètement la demande pour un produit.

Nous avons pu discuter avec Charles-Henri Ravony, l’un des co-fondateurs de Fanjava. Ce dernier nous a expliqué que si par exemple, un Malgache souhaite développer des coques pour iPhone fabriquées à Madagascar avec des matériaux locaux, il peut avoir recours au crowdfunding sur Fanjava pour financer son projet. Et si les fonds proviendront surtout de participants à l’étranger (Fanjava semble cibler en particulier la diaspora malgache et les Malgaches de cœur), la plateforme est réservée aux projets avec « Madagascar comme destination et terrain de réalisation ». Par ailleurs, le fait que Fanjava est domicilié en France constitue pour moi un avantage, car cela signifie que sa plateforme respectera un réglementation stricte.

En 2016, l’entrepreneuriat n’est plus réservé aux « gosses de riche »

« Toute bonne idée mérite d’être financée. Plus besoin d’être ‘fille’ et ‘fils de …’ pour réussir ! », voilà ce qu’on lit sur le site web de Fanjava.

Charles-Henri Ravony nous explique que « la plateforme sera opérationnelle courant août 2016 avec 2-3 projets tests qu’on aura validé nous-mêmes. Par la suite ce seront des partenaires de haut niveau à Madagascar et surtout à l’International (incubateurs, écoles et universités, cabinets de conseil…) qui feront la pré-validation et, si nécessaire, l’accompagnement à la structuration pour démontrer la viabilité de chaque projet innovant soumis ». Aux porteurs de projet, il proposera non seulement une plateforme pour lever des fonds, mais aussi un encadrement gratuit. Et pour se financer, Fanjava prélèvera une petite commission sur les dons envoyés par les participants aux campagnes.

A Madagascar, l’entrepreneuriat intéresse plus de jeunes qu’on ne le croyait. Pour vous en convaincre, il vous suffira de voir combien de fois nos article sur Hanta Tina (Selon Forbes, Hanta Tina fait partie des milliardaires de demain) et Malala (A 19 ans, elle devient l’icône de la génération start-up à Madagascar) ont été partagés sur les réseaux sociaux.

Mais nous avons aussi lu vos commentaires. Et dans certains, des jeunes expliquent qu’avoir de bonnes idées ne suffit pas toujours. Le problème le plus souvent évoqué est celui du financement. « Le problème à Mada, ce n’est pas l’imagination, c’est parce qu’on n’a pas les moyens pour commencer nos projets », lit-on dans l’un des commentaires du Blog de Madagascar.

Pour contredire cet internaute, il nous suffirait de répondre que le blog sur lequel il a écrit ce commentaire a été lancé il y a quelques mois avec seulement un budget de 50 euros. Néanmoins, le problème est plus complexe et cet internaute a partiellement raison.

Cependant, avec les incubateurs de start-up et surtout les modes de financement nouveaux comme Fanjava, l’entrepreneuriat est accessible à plus de personnes.

7 COMMENTS

  1. Bjr, je suis vraiment convaincu pour votre idée, j’ne suis pas un gosse de riche j’ai pas fini mes études n j’suis arrêté à 2ème année.Mais je cherche en ce moment un travail stable. Si vous pouvez m’aider? Merci bcp

  2. C’est très intéressant, mais pour quoi ne pas proposer aux malgaches d’utiliser Kickstarter, comme ça existe déjà ?

    En fait, de manière générale, concernant Madagascar, j’aimerais savoir ce qu’apporte les nouvelles Start Up qui reprenne des choses qui existes déjà en Europe ou aux Etats Unis ? Pourquoi ne pas utiliser ce qui est existe déjà et marche bien ?

    Par qu’exemple, j’ai envie de créer Uber pour Madagascar, est-ce que ça vaut le coup ? Qu’elle est la valeur ajoutée ? Ou faut-il « attendre » qu’Uber vienne s’installer…

    Merci pour vos réponses !

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