Antananarivo : des milliers de foyers privés d’eau à cause de la déforestation

13
250
Suivez l'information en temps réel avec Le Blog de Madagascar !

deforestation

Antananarivo – 16/01/2016 – A Madagascar, de nombreux agriculteurs pratiquent encore la culture sur brûlis et les arbres sont coupés à un rythme effréné. Et aujourd’hui, les conséquences de cette déforestation massive se font ressentir dans la capitale du pays.

Depuis hier, de nombreux internautes tananariviens se sont plaints de la couleur un peu rougeâtre de l’eau du robinet, tandis que d’autres se sont plaints de coupures d’eau.

En effet, ces derniers temps, la JIRAMA, l’entreprise qui alimente la ville, a du mal à assurer cette alimentation, à cause d’une baisse de la qualité de l’eau à traiter.

Cette baisse de qualité est causée par les fortes pluies qui se sont récemment abattues sur Madagascar (puisqu’on est dans la saison des pluies dans l’Océan Indien), mais surtout par la déforestation massive qui favorise l’érosion des terres et donc l’entrainement de boues dans le cour d’eau utilisé comme source.

Dans un communiqué, l’entreprise JIRAMA évoque la dégradation de l’environnement du bassin versant de la rivière Ikopa. Comme l’eau est « excessivement chargée de boue », la compagnie malgache d’eau et d’électricité a du mal à la traiter. Et pour maintenir une certaine qualité, l’entreprise a même dû réduire sa production, ce qui explique les coupures.

3953858048_d3337893ce_b
By Antony Stanley / Licence : https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0/

Après, il est à noter que ces boues n’altèrent pas, selon la JIRAMA, la qualité microbiologique de l’eau du robinet et que l’entreprise travaillerait déjà sur une solution.

Jusqu’à présent les feux de brousse qui sont fréquents à Madagascar n’avaient surtout pour conséquences directes que la dégradation de la qualité de l’air. Mais désormais, ils ont aussi un impact sur la qualité de l’eau qui sort du robinet.

Mais heureusement, à Madagascar, il n’y a pas que des pyromanes et des coupeurs d’arbres. Il y a aussi ceux qui s’investissent à fond dans la reforestation des terres grâce à des projets innovants.

13 COMMENTAIRES

  1. Rien n’y fait et fera le pire est encré dans la tête des paysans qui allument ces brûlis, quand ce n est pas la pluie qui n arrive pas pour arroser leurs champs ils pensent qu en brûlant des parcelles de forest avec la fumée dégagée que ca va déclencher la pluie, mais qui a bien pu leurs mettre ça dans leurs cerveaux, quand ce n est pas une question de pluie c est une question d agrandir leurs terres, au final tout est fait pour aller dans le sens contraire de la pluviométrie vu que moins de forêt moins de pluie.

  2. Aujourd’hui, le malgache a totalement abandonné ce rapport sacré avec la Nature. Quand je vois la cruauté des bourreaux qui lacéraient de coups de fouets les pauvres zébus condamnés dans les abattoirs sous prétexte qu’ils ne vont plus tarder à mourir, j’ai envie de leur déchirer la peau (je comprends mieux pourquoi Andrianampoinimerina punissait de mort ceux qui maltraitaient ou tuaient sadiquement le zébu). De même pour cette déforestation à outrance qui n’est que pur gâchis, simple plaisir de détruire. Je me souviens d’un homme riche du village natale de ma mère, dans la campagne d’Antsirabe, qui a acheté un vaste terrain où il y avait de très vieux arbres réputés sacrés; comme il était bon chrétien, monsieur a fait couper cette jolie petite foret d’une centaine de pieds d’arbres juste pour montrer aux gens d’alentours que cette rumeur était fausse, les bois ont pourri comme personne n’a voulu les acheter. Quand je synthétise tout ceci, j’arrive à la conclusion que ceci n’est que de la pyromanie, presque du sadisme, plus qu’une technique de culture (je viens de passer des vacances à Mahajanga et en rentrant, la foret de Manankazo venait d’être brûlée, et on ne va pas me dire que c’est pour y cultiver quelque chose alors que la plaine est large et il y a de l’eau partout dans cette région.). Le malgache croit toujours que « la foret de l’est est intarissable ».

    • Je ne peut être que d’accord avec tout ceci, mais je réaffirme aussi que malheureusement, on …..(certains « précieux », certains malfaisants, certains menteurs et voleurs) se jouent de la gentillesse des paysans Malgaches, qui pour la plupart parce que eux sont honnêtes et croyant (« religieusement, et civiquement « ) font du brûlis sans avoir conscience du Danger existant, tant pour eux même que pour le Pays tout entier……
      Je ne sais comment faire à mon niveau, mais il est certain qu’il faut refaire cette éducation qui leur manque tant en les accompagnant comme un enfant à qui l’on apprend à marcher, et ne pas les lâcher trop tôt en se dédoinant (par de faux pretextes) . Un enfant qui apprends à marcher chute pendant longtemps pour employer une image peut être simpliste mais évidente.
      J’ai mal, devoir que tout semble « foutre le camp »,tout échappe aux plus démunis, aux plus affaiblis, mais pas aux plus « malins » qui malheureusement n’agissent que pour leur compte personel . HONTE À EUX.
      Une Zanatany fière d’avoir été une zazakely vaza paris les zazakely Malgaches

  3. Arrêtons les conneries ! Après la fumée, maintenant de l’eau sale, et tout ça parce qu’on est incapable d’éduquer les gens pour leur faire comprendre qu’il ne faut pas brûler la forêt.

  4. Ny tena mahagaga dia maro ireo malagasy izay tsy manaiky oe mamotiika ny Mada ny tavy, fa aleony mieritreritra oe an’ny mptondra 100% ny adisoana. Tomponandraikitra daolo isika rehetra

    • Ity teninao ity no tokony hohalalinina kokoa hoe avy aiza no tena mampaloto ilay rano? Dia io aloha no olana vahana fa ny ala sy ny fambolen-kazo olana hafa mihitsy! Tsy hoe olana tsy mitombina fa tsy hisy vokany @izao ankehitriny izao. Ny tiako hambara raha hamboly hazo izao isika dia afaka hafiriana vao hohita hoe io fa lehibe ilay hazo, ary inona no vokatry ny fambolena azy raha oharina @ ranon’Ikopa sy Mandroseza?

      Koa amiko dia ny fanadiovana sy fikojakojana ireo tatatra manomboka avy @ireo vohitra manodidina an’i Mandroseza; ny fanentanana ny olona mba hitandro ny fahadiovan’iny faritra manontolo iny tsy hanary fako etsy sy eroa ary indrindra tsy hanao maloto an-kalamanjana no vaindohan-draharaha sady maika. Ny fanadiovana na fikarakarana na koa fanavaozana ireo foto-drafitr’asa isan-karazany eny Mandroseza (bassins, pompes, siniben-drano, ary ireo fantsona mpitatitra izany rano izany) koa tsy azo hambaniana satria na tiana na tsy tiana dia anisan’ny fototry ny olana ny fahanteran’izy ireo!

  5. Je ne suis pas totalement contre de tout ce que vous avez dit mais quand même il faut bien ouvrir les yeux! Si on parle de déforestation et feux de brousse, il y a beaucoup de visions qu’on peut dire ici! ce cercle vicieux de tavy et production agricole, la fameuse expression « rahoviana vao ho lany ny ala atsinanana »… mais tout ça n’a rien à avoir sur la qualité de l’eau de l’Ikopa et de Mandroseza qui alimente la plupart d’Antananarivo!

    Pour votre information, la source de l’Ikopa c’est le lac Tsiazompaniry, et ça passe par un long trajet pour arriver à Mandroseza. Selon le texte de ce blog, c’est la qualité qui est le problème. A ma compréhension donc, c’est l’erosion dans les zones où l’Ikopa a passé qui en est la source du problème! Ces zones ne sont pas des zones forestières mais déjà dénudées depuis des années, et bien sûr il pourrait y avoir des feux de brousses! Quand-même, qui peut nous dire qu’il y avait des moments ou la couleur de l’eau de cette rivière était « bonne » pour dire qu’elle est claire? Et qu’en pensez-vous de toutes les boues venant d’Ankatso, Ambohipo et Andohanimandroseza, surtout quand vous passez près de TOP Tole? Etes vous sûr que les déchets n’y arrivent jamais… pourtant, on peut exploiter ce texte pour faire des sensibilisations pour que nos compatriotes soient concients du changement climatique et du changement de la qualité des eaux de rivières à cause des feux de brousses et des défrichements!

  6. A mon avis donc, comme solution, mieux d’inciter les gens de ces quartiers versant sur Mandroseza (et en amont de l’Ikopa si possible) pour qu’ils respectent au moins l’environnement et faire bien attention de ne pas mettre tous les ordures et matières fécales partout où les eaux de pluies peuvent les emmener! Deuxièmement, que la Commune met en priorité l’enlèvement des déchets de ces quartiers! Troisièmement, l’entretien des infrastructures y présentes.

  7. C’est triste qu’on s’attaque souvent sinon toujours aux « paysans » pour ces phénomènes de déforestation, de non respect de la nature, de la pourriture de notre écologie, même marine. Sans vouloir blesser qui que ce soit, une simple réalité mérite d’être soulignée: « Une culture par brulis (Tavy) à l’Est comme au Sud du pays, à l’Ouest comme au Nord aussi, n’aura pas une si grande étendue pour parvenir jusqu’aux Hautes Terres… Et la fameuse « Ala Atsinanana » (Grande Forêt de l’Est), par exemple, ainsi que sa disparition flagrante actuelle ne sont plus répertoriées parmi les analyses faites et relatives au dépérissement de notre environnement.

    On parle là aussi de l’Éducation des paysans. La protection de la nature pour sa subsistance est innée en chaque individu paysan, c’est intrinsèque à son être en tant qu’homme. Certes il faut de l’éducation, mais si à moins de 25 kilomètres d’une agglomération administrative longeant les routes nationales, le parcours qui mènent vers les périphériques sont à faire à pied et les transports des matières premières et autres accessoires sont à dons d’homme, sinon en pirogues … Eh bien, Bon courage pour l’éducation, car souvent les élites fuient ces contrées et les médias y accèdent péniblement.

    Bon la spirale est là et s’engouffrant dans un vide sans fond ….

    Toutefois, il est toujours possible d’espérer à pouvoir renverser la vapeur, et même si l’espoir fait vivre …..

Laisser une réponse