Alors qu’on pensait le dossier clos, l’affaire Hiary Rapanoelina prend une tournure internationale. Pour rappel, celle-ci concerne un groupe Facebook intitulé « Fifosana hanatsarana ny pipoles gasy » ou ragots/critiques pour améliorer les « pipoles gasy ».

Dans ce groupe de plus de 70 000 membres, ceux-ci critiquent artistes, politiciens ou célébrités. Si certaines publications sont plutôt marrantes, le groupe n’a pas été à l’abri des débordements, selon certaines personnes qui affirment avoir été traités de descendants d’esclaves ou de « putes ». Un député, quant à lui, affirme qu’en plus des insultes, il a également fait l’objet de menaces de kidnapping.

Des célébrités ont ainsi porté plainte contre l’administrateur de ce groupe, Hiary Rapanoelina, avant que certaines (ou tous?) ne retirent leurs plaintes au dernier moment. Mais cela n’a pas empêché la condamnation de l’administrateur à un an de prison ferme.

Le jugement a été prononcé quand Madagascar s’apprêtait à recevoir le cyclone ENAWO. De ce fait, l’affaire a été peu relayée sur la toile.

Mais alors qu’on pensait l’affaire close, voilà que l’Ambassade des Etats-Unis intervient. « L’Ambassade des Etats-Unis exprime sa consternation face au verdict d’un an d’emprisonnement annoncé la semaine dernière à l’encontre de Hiary Rapanoelina, Administrateur d’un groupe Facebook, condamné et jugé alors que la plainte pour diffamation ainsi que les autres charges ont été retirées. La liberté d’expression est vitale pour une démocratie forte, et nous exhortons le gouvernement à prendre un rôle de leadership dans le soutien et la défense des droits de ses citoyens », écrit-elle sur sa page Facebook officielle.

En ce qui nous concerne, nous pensons depuis le début que ce n’est pas l’admin du groupe qui devrait être poursuivi et condamné, mais les auteurs des propos incriminés.

Dans une affaire similaire en Inde, le juge de la Haute Cour de Delhi avait conclu que l’administrateur d’une plateforme ne pouvait être responsable des propos d’autres membres. « Le fait de rendre un administrateur d’une plate-forme en ligne responsable de la diffamation serait comme faire du fabricant du papier journal sur lequel des déclarations diffamatoires sont publiées responsable de la diffamation », a déclaré Rajiv Sahai Endlaw, de la Haute Cour de Delhi.

D’autre part, cela pourrait provoquer une fuite de cerveaux massive à Madagascar et un ralentissement de l’innovation. Dès lors qu’une personne a été condamnée pour les publications des membres d’une plateforme qu’elle gère, il devient risqué pour une start-up locale de lancer un comparateur de prix, un forum, un réseau social ou toute autre plateforme sur lesquelles les utilisateurs sont susceptibles de critiquer des personnes ou des entreprises.

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